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Or, cobalt, lithium et graphite : les produits recherchés par les entreprises canadiennes dans le sous-sol africain

Source image: Journal de Montréal

Le Canada est une puissance minière mondiale mais ses plus grandes ambitions se jouent loin de ses propres frontières. À travers le continent africain, des géants torontois et vancouvérois traquent les minerais qui alimenteront la prochaine décennie d’électrification et de transition énergétique.

En 2024, les actifs miniers canadiens à l’étranger en Afrique ont atteint 45,9 milliards de dollars, soit une hausse de 12,1 %, ce qui place le continent au second rang mondial des destinations d’investissement minier canadien. Des pays comme la Zambie, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Ghana ont affiché les progressions les plus marquantes. Ce chiffre n’est pas le fruit du hasard car il reflète une convergence entre la richesse géologique africaine et l’urgence industrielle mondiale autour des minerais critiques.

L’Afrique concentre environ 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques, mais ne représente qu’à peine 8 % de la production mondiale. Ce déséquilibre est précisément ce que les entreprises canadiennes cherchent à exploiter avec des capitaux, une expertise technique et un accès privilégié aux marchés boursiers de Toronto

L’or

L’or reste le minerai le plus convoité par les sociétés canadiennes sur le continent. Barrick Mining, dont le siège est à Toronto, opère plusieurs mines majeures en Afrique subsaharienne. La mine de Kibali en République démocratique du Congo est devenue l’une des plus automatisées et des plus « vertes » au monde selon l’entreprise elle-même. En Tanzanie, Barrick exploite les mines de North Mara et Bulyanhulu, tandis que son site ivoirien de Tongon complète une présence africaine parmi les plus denses du secteur.

Du côté de Vancouver, B2Gold vise 500 000 onces de production africaine en 2025, notamment grâce à la mine de Fekola au Mali l’une des moins coûteuses au monde avec un coût de production de 700 $ l’once et à la mine d’Otjikoto en Namibie, dont une extension est prévue en 2026. Coeur Mining, de son côté, avance sur son projet Koné en Côte d’Ivoire, avec un investissement de 835 millions de dollars et une production prévue de 4 millions d’onces sur 16 ans à partir de 2027.

Le cobalt

La RDC domine la production mondiale de cobalt de façon écrasante. La République démocratique du Congo assure 76 % de la production mondiale de cobalt. Ce monopole de fait en fait un passage obligé pour toute entreprise cherchant à s’approvisionner en ce métal essentiel aux batteries lithium-ion.

Le marché du cobalt a connu un retournement spectaculaire en 2025 : la décision de la RDC de suspendre ses exportations de cobalt en début d’année a déclenché un rebond majeur des prix, qui ont plus que doublé à mesure que l’offre se resserrait. Cette choc d’approvisionnement, suivi d’un passage à un système de quotas d’exportation, a redessiné les équilibres du marché et ravivé l’intérêt des investisseurs canadiens pour les actifs à teneur en cobalt.

La Copperbelt, cette zone géologique riche en gisements de cobalt et de cuivre à cheval entre le sud de la RDC et le nord de la Zambie, reste au cœur des convoitises. En Zambie, Barrick a entamé la construction d’une expansion majeure de sa mine de cuivre Lumwana, dont l’achèvement est prévu pour 2028, tandis que First Quantum Minerals y agrandit également sa mine de Kansanshi.

Le lithium

L’Afrique australe et orientale détient des gisements de lithium que les entreprises canadiennes cherchent à développer, notamment au Zimbabwe, au Mali et en Mauritanie. Des sociétés comme Managem explorent le lithium en Mauritanie et cherchent à se positionner comme leader africain des matériaux pour batteries électriques.

Le lithium africain intéresse d’autant plus les Canadiens que la géopolitique de ce métal se réoriente. En 2024, l’Australie assurait 37 % de la production mondiale de lithium, mais la diversification des sources d’approvisionnement est devenue une priorité stratégique pour les économies occidentales cherchant à réduire leur dépendance à quelques pays fournisseurs.

Le graphite

Moins médiatisé que le lithium ou le cobalt, le graphite est pourtant un composant clé des anodes de batteries et l’Afrique en est l’un des principaux réservoirs mondiaux, notamment la Tanzanie et le Mozambique.

La Chine assure actuellement 79 % de la production mondiale de graphite et 96 % de la production de graphite raffiné. Cette concentration extrême expose le Canada et ses alliés à des risques majeurs de rupture d’approvisionnement.

La question n’est plus de savoir si les entreprises canadiennes seront présentes en Afrique, mais à quelles conditions financières, sociales, environnementales pourront-elles y opérer durablement ?

Sources : Ressources naturelles Canada, AFD, Notes de la Colline (Bibliothèque du Parlement), Investing News Network, Gide, PNUE – juin 2026.

Article rédigé par Robine Dielumvuidi, consultante en gestion et stratégie d’entreprise

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