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Découverte et investissement : ce que Makoko révèle sur la prochaine étape du cuivre en RDC

La récente expansion de la ressource cuprifère de Makoko, dans le projet Western Forelands d’Ivanhoe Mines en République démocratique du Congo, attire naturellement l’attention.

La ressource en cuivre contenu a augmenté de 30 % pour atteindre environ 12 millions de tonnes, après près de 64 000 mètres de forage. Ivanhoe prévoit désormais d’avancer vers une étude de cadrage en 2027, alors que la minéralisation demeure ouverte dans plusieurs directions.

Mais au-delà du chiffre, une question stratégique mérite d’être posée :

À quel moment une découverte géologique devient-elle véritablement un actif investissable ?

Une ressource importante ne constitue pas encore un projet minier

Une découverte de grande qualité constitue un avantage considérable. Mais elle ne garantit ni la rentabilité du futur projet, ni son financement, ni son acceptabilité.

Entre la découverte et la production, plusieurs étapes doivent encore être maîtrisées :

  • caractérisation et définition de la ressource ;
  • choix du scénario minier ;
  • infrastructures et accès à l’énergie ;
  • besoins en capitaux et structure de financement ;
  • risques réglementaires et opérationnels ;
  • enjeux environnementaux et sociaux ;
  • relations avec les communautés et les parties prenantes ;
  • stratégie de développement et calendrier de mise en production.

Dans le cas de Makoko, l’utilisation d’une optimisation des formes minières et l’évaluation de scénarios combinant exploitation à ciel ouvert et souterraine montrent déjà le passage d’une logique d’exploration vers une logique de développement de projet.

Quelle valeur économique peut-on créer à partir de cette ressource, avec quel capital, quel niveau de risque et quel calendrier ?

C’est à ce stade que la stratégie du projet devient déterminante.

Un actif minier peut disposer d’une ressource exceptionnelle tout en présentant des risques importants liés aux infrastructures, au financement, à la réglementation, aux parties prenantes ou à l’exécution.

À l’inverse, un projet correctement structuré peut améliorer considérablement sa capacité à attirer des capitaux et des partenaires stratégiques.

La dimension ESG ne devrait pas arriver après la géologie

C’est également ici que les projets miniers doivent changer d’approche.

Les enjeux sociaux et environnementaux ne devraient pas être traités uniquement lorsque le projet entre dans sa phase de développement.

Ils doivent être intégrés suffisamment tôt dans la stratégie du projet.

Pourquoi ?

Parce que les décisions prises durant les premières phases peuvent déterminer une partie importante des risques futurs :

  • choix du site et des infrastructures ;
  • accès aux terres ;
  • relations avec les communautés ;
  • emploi et développement des compétences locales ;
  • fournisseurs et contenu local ;
  • gestion des impacts sociaux ;
  • attentes des autorités ;
  • mécanismes de dialogue avec les parties prenantes.

L’acceptabilité sociale n’est donc pas simplement une question de communication. Elle fait partie de la capacité d’un projet à exécuter sa stratégie.

Pour la RDC, la question dépasse Makoko

Makoko s’inscrit dans une région qui confirme l’importance stratégique du cuivre congolais.

Le projet Western Forelands couvre environ 2 426 km² et se situe dans le même environnement géologique que le complexe Kamoa-Kakula. Ivanhoe indique avoir identifié plus de 55 millions de tonnes de cuivre contenu dans l’ensemble du Western Forelands.

Cela soulève une question plus large pour la RDC :

Comment transformer l’avantage géologique du pays en avantage durable pour les investisseurs, les entreprises locales, les communautés et l’État ?

La réponse ne repose pas uniquement sur la quantité de minerai disponible.

Elle dépend aussi de la capacité à structurer les projets, sécuriser les investissements, développer les infrastructures, renforcer la gouvernance et créer des mécanismes permettant aux retombées économiques de s’ancrer localement.

À mesure qu’un projet avance, le profil de l’investisseur potentiel évolue également.

Le projet doit donc progressivement répondre à plusieurs questions :

La stratégie de création de valeur est-elle claire ?

Le modèle économique est-il crédible ?

La structure de gouvernance est-elle adaptée au niveau de complexité du projet ?

Les risques sociaux, environnementaux et réglementaires sont-ils correctement intégrés dans la stratégie ?

Le projet est-il suffisamment mature pour attirer le type de capital recherché ?

C’est ici que la stratégie minière rejoint directement la stratégie d’investissement.

Article rédigé par Robine Dielumvuidi, consultante en gestion et stratégie d’entreprises

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